» Tu n’envahis pas mon espace, je n’envahis pas ton espace. »

 » Tu n’envahis pas mon espace, je n’envahis pas ton espace. »

« Ça c’est mon espace de danse et ça c’est ton espace de danse. Tu n’envahis pas mon espace, je n’envahis pas ton espace ». Cette réplique, issue du film Dirty Dancing, ne s’applique pas uniquement au domaine de la danse mais de manière plus générale à la vie en société, en communauté, en couple, en famille, entre amis, au travail…

Comment ne pas se laisser envahir par autrui ou comment faire face à un envahissement possiblement gênant?
Envahir c’est le fait d’occuper l’espace de manière excessive, d’accaparer quelqu’un (ses pensées, son énergie, son temps), de s’introduire dans la vie de quelqu’un de manière abusive-excessive-violente-inopportune. S’il est possible de changer de place pour éviter le « manspreading » dans le métro, il paraît compliqué de faire face à d’autres types d’intrusions qui peuvent survenir dans la vie personnelle et/ou professionnelle, à savoir : la curiosité chronique et déplacée ou intempestive d’un proche, un colocataire qui s’étale (matériellement parlant), un collègue de travail trop envahissant (il étale ses affaires d’un point de vue matériel et verbal : il raconte constamment sa vie privé et vous interroge avec insistance sur la votre).
La proximité de fait, devient pesante lorsqu’elle s’apparente à de la promiscuité, de l’intrusion et lorsque l’on subit une présence, un intérêt, un rapprochement pesant, imposant et non désiré. Il peut alors être très difficile de faire comprendre à autrui le malaise généré par son comportement. Cela nous renvoie à notre in/capacité à poser des limites. Poser des limites à autrui, c’est reconnaître nos propres limites. Pour cela, il faut apprendre à s’écouter, comprendre ce que l’on ressent et finalement adopter la stratégie d’action adéquate afin de réguler la situation.
– S’écouter ne signifie pas céder à l’impulsivité qui pourrait vous pousser à réagir de manière brutale et agressive…..sauf bien évidemment, s’il s’agit effectivement d’une agression ou d’une atteinte pénalement répréhensible (qu’il faut alors dénoncer). S’écouter signifie être en phase avec vos émotions, être en état de les accepter et de les exprimer à autrui. Une approche non belliqueuse sera toujours plus productive dans ce genre de situation, ainsi votre interlocuteur ne se sentira pas jugé sur sa manière d’être et aura l’opportunité de comprendre que vous ne lui faites pas une critique mais plutôt que vous lui exposer une difficulté/un problème, que vous êtes en mesure de surmonter / résoudre ensemble.
– Adopter une stratégie de changement signifie, être en mesure de trouver une solution durable et efficace, afin que l' »envahisseur » accepte les limites que je vous allez poser. Ainsi, il est préférable de s’exprimer de manière ferme, courtoise, ouverte et de proposer / présenter une alternative (c’est à dire : une autre manière d’interagir avec vous) à votre interlocuteur. De la sorte, il comprendra que vous ne rejetez ni sa personnalité, ni sa présence mais bien son comportement intrusif.
– La distance nouvellement installée ne signifiera pas la rupture du lien personnel ou professionnel avec cette personne mais modifiera la qualité de cette relation. La considération dont vous ferez preuve en vous adressant à cette personne de manière authentique, respectueuse et assertive, ne laissera aucun doute sur : la force de votre volonté d’obtenir un changement d’attitude, ainsi que votre conviction quant à l’impact positif de votre démarche sur la qualité des interactions futures.
D’autre part, sachez malheureusement que, malgré vos efforts, la situation n’évoluera pas nécessairement de la manière dont vous le souhaitez. « L’enfer c’est les autres », paraît-il… Dans ce cas, pourquoi ne pas envisager une distance définitive c’est à dire la rupture de tout contact? A défaut – et au nom de votre intégrité psychique (bien-être, épanouissement, sérénité) – la distanciation maximale (physique et psychologique), avec la personne concernée serait une option raisonnable. Il s’agira alors de limiter les échanges tout en restant courtois et professionnel (si « l’envahisseur » appartient à votre environnement professionnel).
Enfin, n’oubliez pas de vous poser la question suivante : n’êtes-vous pas vous-même l’envahisseur, dans certaines situations?
« Pour vivre en paix, trouvons la distance où nous ne nous gênons pas les uns les autres ». Henri Frédéric Amiel
Dorothée Dibaya – Do Coaching